La fin de l’année universitaire approche et c’est la fin d’une première année sous la direction de Romain Lebreuilly pour le Master Psychologie Légale, Clinique et Sociale (PLCS) de Nancy. Une première année marquée par plusieurs événements dont l’objectif a été de fédérer la promotion mais également de créer et dynamiser un réseau, regroupant étudiantes et étudiants et professionnels de la région, indispensable à l’insertion des futurs psychologues.
Une année tournée vers la rencontre et le collectif
Le 9 décembre 2025, les promotions de Master 1 et Master 2 du parcours Psychologie Légale, Clinique et Sociale avaient convié enseignants-chercheurs, intervenants et professionnels de terrain à un cocktail convivial organisé sur le Campus Lettres et Sciences Humaines de Nancy.
Pensé comme un moment de remerciement envers les tuteurs de stage et les partenaires de la formation, l’événement avait également permis aux étudiantes et étudiants d’échanger autour de leurs expériences de terrain, de leurs mémoires de recherche et de leurs perspectives professionnelles.
Dans une ambiance chaleureuse, ponctuée d’animations et de préparations culinaires réalisées par les étudiants eux-mêmes, cette soirée avait surtout illustré l’identité particulière du master : une formation exigeante, fortement ancrée dans la pratique clinique et ouverte sur les réalités institutionnelles, judiciaires et médico-sociales.
Une formation à l’interface du soin, du social et du judiciaire
Parmi les professionnelles présentes ce soir-là figuraient notamment Marie Corneille et Laurie Pacini, toutes deux psychologues cliniciennes investies dans l’accompagnement des étudiants du parcours.
Marie Corneille, psychologue en Centre Médico-Psychologique intra-hospitalier en Moselle, accueillait cette année une étudiante du master en stage.
Pour elle, ce type de rencontres participe à créer un lien essentiel entre les institutions et l’université :
« Ce lien entre le monde professionnel et la formation est parfois difficile à construire, alors qu’il est indispensable. »
Marie Corneille, psychologue en Centre Médico-Psychologique intra-hospitalier
Dans sa pratique, elle reçoit notamment des personnes adressées par le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP), ce qui donne une résonance particulière à la spécialisation “légale” du master.
Laurie Pacini, psychologue clinicienne à la Maison d’Accueil Spécialisée « La Volière » de Moyen, intervient également auprès des étudiants du parcours. Elle rappelle que la spécificité du master ne se limite pas à l’expertise judiciaire, souvent associée à tort à la psychologie légale.
« L’approche clinique reste centrale », explique-t-elle. « Mais la formation apporte aussi des connaissances en criminologie, pour comprendre les mécanismes du passage à l’acte, accompagner les personnes auteurs d’infractions et travailler sur les dispositifs de remédiation. »
Le parcours accorde également une place importante à la victimologie, avec un travail approfondi sur l’accompagnement des victimes et la prévention de la re-victimisation.
Cette double approche constitue l’une des singularités du master nancéien, qui entretient par ailleurs des liens étroits avec les institutions judiciaires. Les étudiants suivent notamment certains enseignements à la Faculté de Droit afin de mieux comprendre le fonctionnement du système judiciaire et les enjeux de l’expertise psychologique.
Former les futurs psychologues
Au-delà des contenus théoriques et des stages, plusieurs enseignements cherchent également à développer la posture clinique et réflexive des futurs professionnels.
C’est notamment le cas du travail mené par Stéphanie Lemaitre, intervenante dans les différents parcours de psychologie de l’université et spécialiste de la supervision clinique.
Au sein de petits groupes de travail, les étudiants sont amenés à réfléchir collectivement aux situations rencontrées en stage, à leurs implications personnelles dans la relation thérapeutique et aux dynamiques qui se jouent dans les échanges avec les patients.
« Il ne s’agit pas simplement de raconter une situation », explique-t-elle. « L’objectif est de comprendre ce qui se joue derrière, dans un cadre sécurisé, sans jugement et fondé sur la qualité de l’écoute. »
Ces espaces de parole constituent un pilier important de la formation, dans une discipline où l’engagement personnel et la capacité d’analyse clinique sont essentiels.
Une dynamique appelée à se poursuivre
Romain Lebreuilly, responsable du master, conclut cette année universitaire en ces termes :
« Comme ce parcours est très demandé, nous avons la chance de pouvoir recruter des étudiants d’un niveau d’excellence qui sont naturellement exigeants. C’est pourquoi nous devons sans cesse adapter nos pratiques et notre formation à leurs demandes. Ainsi je les sollicite régulièrement afin d’avoir des retours mais aussi pour qu’ils participent collectivement aux projets et à l’avenir de la formation.»
À travers ces rencontres, les équipes pédagogiques souhaitent poursuivre le développement d’un véritable réseau entre promotions, anciens étudiants et professionnels de la région, afin de faciliter l’insertion des futurs diplômés tout en renforçant la visibilité d’un parcours encore méconnu, mais aux débouchés multiples.


